Discours à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à M. Ioan Pânzaru (8 novembre 2016)

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Professeur, cher Ioan PANZARU,
Mesdames et Messieurs,
Chers invités,
Je m’apprête à décorer ce soir de la Légion d’Honneur, au nom du Président de la République, une personnalité éminente du monde universitaire, un grand intellectuel et un acteur majeur de la relation privilégiée qui lie la Roumanie et la France. Et croyez bien que je le fais avec un grand plaisir, tant vos titres pour recevoir cette distinction sont mérités.
Professeur PANZARU, vous êtes d’abord un brillant universitaire. Votre parcours a déjà été reconnu et distingué par notre pays, qui vous a fait commandeur dans l’ordre des Palmes Académiques en 2009. Il a débuté par une licence de philologie obtenue en 1973, à l’université de Bucarest à laquelle vous demeurerez toujours fidèle. Vous y obtenez en 1980 un doctorat, avec une thèse consacrée à « La chanson de geste et (au) récit oral », et vous y poursuivez des activités d’enseignement et de recherche qui vont vous faire gagner le respect et l’admiration de vos pairs.
Nommé maître de conférences en 1993, vous êtes élevé au grade de professeur des universités en 2000, et vous occupez simultanément des fonctions de direction au sein de l’Université de Bucarest dont vous devenez le recteur en 2005.
Votre production scientifique est d’une rare richesse. Vous êtes l’auteur de six livres et d’une cinquantaine d’articles. Ces travaux universitaires reflètent votre intérêt, jamais démenti, pour la littérature médiévale, plus particulièrement celle de langue française. Ils se caractérisent aussi par leur approche anthropologique de la littérature, où les notions de symboles, de sens, ont une place essentielle.
Cette approche spécifique de la littérature vous a conduit à traduire en roumain plusieurs ouvrages d’anthropologues français majeurs, et en particulier le grand Claude Lévi-Strauss dont vous avez contribué à diffuser en Roumanie l’influence décisive sur les sciences humaines et sociales de la seconde moitié du 20ème siècle.
En tant que recteur de l’université de Bucarest, entre 2005 et 2011, vous avez été un acteur très important de l’ancrage du pays dans l’Union européenne. Conscient de la nécessité de placer la jeunesse au cœur des préoccupations de la société, vous avez fait de l’université de Bucarest un lieu de débats et d’échanges, un outil de médiation entre le monde de l’éducation et le monde économique. Fin connaisseur de la société roumaine, que vous comprenez remarquablement, vous êtes toujours en mesure de vous adresser avec pertinence et profondeur à un public dont les attentes se renouvellent chaque année.
Votre autorité, reconnue par l’ensemble du monde universitaire dans le domaine des sciences humaines et sociales, tout comme votre engagement au service de la francophonie, va ensuite vous conduire à prendre la direction du Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en sciences sociales, le CEREFREA. C’est votre expérience et votre détermination qui ont permis le développement de ce centre de recherche, dont la qualité a été reconnue par l’attribution en 2012 du grand prix culturel Louis D. de l’Institut de France.
Hébergé depuis 2014 dans la Villa Noël, ce nouvel espace de la recherche francophone a été inauguré le 7 juillet 2014 en présence du Chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie, et de la Secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Madame Hélène Carrère d’Encausse.
Depuis, il est resté grâce à vous à la hauteur de son ambition d’être un centre d’excellence de la recherche en langue française. Les nombreuses formations qui y sont dispensées, les événements qui y sont organisés – ateliers, tables-rondes, conférences, colloques internationaux – et bien sûr la qualité de l’équipe qui vous entoure, conseil scientifique, chercheurs et chercheurs associés, sont là pour témoigner de cette exigence de qualité et d’excellence qui caractérise le CEREFREA et dont vous êtes le garant.
J’aimerais, si vous me le permettez, citer quelques-uns des axes de recherche thématiques proposés par le CEREFREA car ils sont, me semble-t-il, éloquents : les sciences sociales et la société ; la réforme de l’Etat dans les pays d’Europe centrale et orientale depuis 1990 ; la bonne gouvernance ; francophonies d’hier et d’aujourd’hui ; métamorphoses de la démocratie ; francophonie et droits humains.
Professeur PANZARU, vous avez tout au long de votre parcours témoigné d’une très grande ouverture d’esprit, en même temps que d’une érudition profonde et intelligente. Vous avez toujours attaché un grand prix aux échanges avec la France, avec les pays francophones et aux valeurs qui sont véhiculées par la francophonie. Vous faites partie de ceux, et ils ne sont au fond pas si nombreux, qui incarnent de façon incontestée la qualité et la profondeur de la relation franco-roumaine. Et vous le faites avec une grande modestie, ce qui ajoute encore à vos mérites.
M. le Professeur, cher Ioan PANZARU, c’est avec fierté et avec un très grand plaisir, et « qu’au nom du Président de la République, je vous remets les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur. »

Dernière modification : 09/11/2016

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