Discours de l’Ambassadeur de France lors de la remise de la Légion d’Honneur à M. Ţurcanu

Monsieur le Professeur, cher Florin Ţurcanu,
Madame la Ministre,
Mesdames et Messieurs,
Chers invités,

C’est un réel plaisir pour moi, cher Florin Ţurcanu, de vous accueillir ce soir à la résidence de France, pour vous décorer de la Légion d’Honneur, en présence de vos proches, de vos amis et de représentants du monde universitaire. Vous êtes un historien réputé, un grand francophone et un expert des relations franco-roumaines : c’est à plus d’un titre que vous méritez la distinction que je vais vous remettre ce soir.
Votre parcours académique est lui-même un parcours croisé entre la Roumanie et la France. Vous avez obtenu votre licence – en histoire, bien entendu – en 1992 à l’Université de Bucarest. Mais la même année, vous obtenez un DEA en « Histoire et civilisations » au sein de la non moins prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, à Paris.
Tour à tour assistant, chercheur, lecteur, vous êtes nommé docteur-conférencier à la faculté des sciences politiques de l’Université de Bucarest en 2004. Depuis 2008 vous êtes professeur de sciences politiques à l’Université de Bucarest, qui a formé tant de brillants esprits. Parallèlement, vous devenez membre en 1994 du groupe de recherche sur la vie intellectuelle contemporaine de l’EHESS de Paris, en 2000 vous êtes membre de l’institut de recherche politique de la faculté des sciences politiques de l’Université de Bucarest et en 2002 membre du centre d’excellence pour l’étude de l’image à l’Université de Bucarest.
Tout au long de ces années, et aujourd’hui encore, vous êtes régulièrement professeur associé ou professeur invité dans des universités ou des écoles françaises : l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l’Ecole Normale Supérieure, la Maison des Sciences de l’homme.
M. Ţurcanu, vous êtes l’auteur de très nombreux ouvrages et articles, tant dans le domaine de l’histoire politique – j’y inclus vos travaux sur la Grande Guerre - que dans celui de l’histoire des idées. Vous avez également travaillé sur la question de la mémoire, et notamment avec un sur les relations et perceptions croisées franco-roumaines.
Parmi vos ouvrages qu’il me semble important de citer ici, je mentionnerai votre biographie – remarquable et remarquée - de Mircea Eliade, publiée en 2003, « Mircea Eliade le prisonnier de l’histoire ». Vous avez publié un autre ouvrage de référence en 2007 : « Intellectuels, histoire et mémoire en Roumanie. De l’entre-deux guerres à l’après communisme ». En collaboration, je citerai ces travaux sur la Grande Guerre, qui prennent en cette période centenaire une valeur supplémentaire : « Sortir de la Grande Guerre », en 2008, en collaboration avec Stéphane Audouin-Rouzeau et Christophe Prochasson et « La Grande Guerre : histoire de la mémoire collective en France et en Roumanie, co-écrit avec Christophe Prochasson et publié en 2010.
Votre réputation est incontestée dans le domaine de l’histoire politique contemporaine, et en particulier dans celui des interactions entre la France et la Roumanie : et chacun ici sait qu’elles sont nombreuses et riches. Vous êtes notamment très apprécié pour votre indépendance d’esprit et la qualité de vos recherches, où la passion de la France et de la Roumanie qui vous anime ne le cède jamais à la rigueur et à l’objectivité. A ces qualités professionnelles et intellectuelles, vous ajoutez des qualités humaines incontestables en faisant preuve d’une très grande simplicité et d’une très grande générosité.
En tant qu’enseignant, votre capacité à communiquer votre enthousiasme à vos étudiants est reconnue. Vous êtes responsable du Master francophone 2 « Politique en Europe. Etats, frontières et sociétés » au sein de la filière francophone en sciences politiques de l’Université de Bucarest, que vous animez avec dynamisme et volonté. Je me dois de dire ici que dans le cadre de vos responsabilités, vous vous montrez toujours très prompt à travailler avec notre ambassade sur les questions de coopération culturelle, de politique de défense, de commémoration et de devoir de mémoire. Et vous offrez régulièrement aux universitaires français l’occasion de s’exprimer devant les étudiants roumains, permettant à la fois le renforcement des liens entre nos deux pays et le rayonnement de l’université française ici en Roumanie.
Professeur Ţurcanu, je veux également rappeler ici que vous coopérez bénévolement à de très nombreux projets visant à promouvoir l’image de la France : séminaires sur la défense en partenariat avec l’Association des Auditeurs de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, sur Mircea Eliade en liaison avec la Sorbonne, sur les sépultures de guerre avec la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du ministère de la Défense. Et bien d’autres…
Enfin, dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, secteur où vous détenez une expertise reconnue au plan international, vous avez apportez - et vous continuez de le faire - vos connaissances éclairées à de nombreuses actions initiées par notre ambassade. Actuellement, vous conduisez le projet de simulation du traité de Saint Germain, qui se déroulera dans le cadre du centenaire à Bucarest et regroupera des élèves de lycée et des étudiants de master sur une réflexion, en français, sur les négociations de paix.
Pour toutes ces actions, pour votre amitié intelligente avec notre pays, permettez-moi, cher Florin Ţurcanu, de vous remercier au nom de l’ambassade et au nom de la France.
Professeur Florin Ţurcanu, c’est avec un grand plaisir, et une grande reconnaissance, « qu’au nom du Président de la République, je vous remets les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur. »

Dernière modification : 29/11/2016

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