Séminaire international sur les violences faites aux femmes [ro]

L’Ambassade de France a organisé le 11 décembre 2017 un séminaire sur les violences faites aux femmes intitulé « Voir, nommer, éliminer les violences contre les femmes ».

Mme Michèle Ramis, Ambassadrice de France en Roumanie
Mme Ionela Băluță, Doyenne de la Faculté de sciences politiques de l'Université de Bucarest
Mme Eleonora Pokola
Mme Diana Paun, Conseillère d'Etat chargée de la santé publique
Mme Grațiela Drăghici, Secrétaire d'Etat, Directrice de l'agence nationale pour l'égalité des chances entre les femmes et les hommes
Mme Elisabeth Moiron-Braud, Secrétaire générale de la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violence et la lutte contre la traite des êtres humains
Mme Elisabeth Moiron-Braud, Secrétaire générale de la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violence et la lutte contre la traite des êtres humains
Mme Anneli Lindahl-Kenny, Ambassadrice de Suède en Roumanie
Mme Päivi Pohjanheimo, Ambassadrice de Finlande en Roumanie
Mme María Eugenia Echeverría, Amassadrice du Pérou en Roumanie
Mme Rana Mokaddem, Ambassadrice du Liban en Roumanie
Mme Taous Djellouli, Ambassadrice d'Algérie en Roumanie
Mme Lise Nicoline Kleven Grevstad, Ambassadrice de Norvège en Roumanie
Mme Maria Ciobanu, Directrice des Nations-Unies, des institutions spécialisées et des affaires francophones, Ministère des Affaires étrangères roumain
Présentation de l'exposition d'œuvres graphiques et de design par Mme Liliana Țuroiu, présidente de l'Institut Culturel Roumain

Organisé en collaboration avec le ministère des affaires étrangères roumain, l’agence nationale pour l’égalité entre les femmes et les hommes et l’institut culturel roumain, le séminaire a permis de procéder à un état des lieux sur cette thématique, au cœur de l’action du président Macron, qui a déclaré l’égalité femmes-hommes cause nationale du quinquennat.

Se tenant dans les locaux de l’Université d’Architecture Ion Mincu à Bucarest, le séminaire a d’abord été introduit par l’inauguration d’une exposition d’œuvres graphiques et de design, organisée par l’institut culturel roumain et présentée par sa présidente Mme Liliana Țuroiu ainsi que par les artistes Alina Gurguță et Elida Toma, doctorantes en arts, et Matei Arnăutu docteur en arts visuels, lecteurs à l’Université Nationale des Arts de Bucarest.

Le séminaire était organisé en deux séquences.

La première partie visait à mieux appréhender les violences faites aux femmes, au travers d’une présentation du point de vue des sciences sociales de Mme Ionela Băluță, Doyenne de la Faculté de sciences politiques, d’un témoignage d’une victime, Mme Eleonora Pokola, auteure d’un livre (« Povestea unei supravieţuitoare » , L’histoire d’une survivante) et fondatrice d’une association offrant des conseils aux femmes subissant des violences domestiques et de la diffusion d’un court-métrage français « Mon homme, le poulpe » de Stéphanie Cadoret. Cette séquence s’est conclue par un débat entre le public et les intervenantes.


Le séminaire a par ailleurs bénéficié du soutien du Président Klaus Iohannis, qui a transmis un message par le biais de sa Conseillère d’Etat chargée de la santé publique, Mme Diana Paun.

Ci-dessous le message du Président de la Roumanie, transmis dans le cadre du séminaire « Voir, nommer, éliminer les violences contre les femmes » :

« Les violences contre les femmes sont un problème nécessitant une plus grande préoccupation de la société et plus d’attention dans l’espace public roumain. Tout au long de l’histoire, de nombreux prétextes ont été invoqués pour justifier les manifestations de violence, basés sur des attitudes culturelles ou sur la conviction que la femme n’est pas l’égale de l’homme. Nous avons désormais dépassé ces périodes où nous pouvions nous cacher derrière des concepts périmés concernant la vie de famille pour légitimer la violence domestique.
Je mentionne la famille parce que, le plus souvent, les violences contre les femmes se produisent derrière les portes closes, à la maison, un lieu qui devrait normalement être associé à une entière sécurité.
Quelle que soit la nature de la violence, celle-ci n’est pas excusable et ne doit pas être acceptée en vertu d’une tradition ou passée sous silence par souci de maintenir une image immaculée de la famille. La maison et la famille doivent être des enceintes sûres et ne pas laisser de place au harcèlement physique et psychologique.
Malheureusement, la violence domestique n’est pas toujours prise au sérieux par la société. Pour protéger les femmes contre les violences tant l’implication des autorités publiques, que la vigilance de chaque citoyen sont nécessaires.
Ce ne sont pas seulement la justice et la police qui doivent lutter contre la violence de genre. Dans de nombreuses situations, l’intervention déterminée et décisive de la communauté est nécessaire, la communauté devant prendre conscience du fait que la violence contre toute femme est grave et inacceptable.
L’école joue un rôle important sur cet aspect. Tous les élèves devraient apprendre que la violence de genre n’est pas justifiée, sous aucune forme et en aucune situation. Les filles devraient également connaître l’ensemble des outils, légaux ou d’autre nature, pour pouvoir se protéger contre les violences.
Malheureusement, la lutte contre les violences faites aux femmes est un combat de long terme, qui doit être mené avec constance et détermination. Cela vaut la peine de lutter pour chaque vie changée pour le meilleur.

Le fléau de la violence domestique qui se manifeste sans entraves au sein de beaucoup de foyers dans les villages et les villes de la Roumanie ne peut plus être ignoré et toléré. Les violences contre les femmes et la manière dont elles peuvent être prévenues ou stoppées doit obligatoirement devenir un sujet central des débats dans l’espace public roumain. Mais elles doivent surtout devenir un sujet que nous ne fuyons pas et que nous traitons avec sérieux.
Je vous remercie et je souhaite plein succès à tous ceux qui luttent pour éradiquer ce phénomène nuisible pour nous tous » .


La seconde partie avait pour objectif d’établir un état des lieux des législations et réponses étatiques en matière de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs de violence.

Plusieurs intervenantes se sont ainsi succédées pour présenter les situations dans leurs pays respectifs :
- Roumanie : présentation par Mme Grațiela Drăghici, Secrétaire d’Etat, Directrice de l’agence nationale pour l’égalité des chances entre les femmes et les hommes ;
- France  : présentation par Mme Elisabeth Moiron-Braud, Secrétaire générale de la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violence et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) ;
- Suède : présentation par l’Ambassadrice Mme Anneli Lindahl-Kenny ;
- Finlande : présentation par l’Ambassadrice Mme Päivi Pohjanheimo ;
- Pérou : présentation par l’Ambassadrice Mme María Eugenia Echeverría ;
- Liban : présentation par l’Ambassadrice Mme Rana Mokaddem ;
- Algérie : présentation par l’Ambassadrice Mme Taous Djellouli ;
- Norvège : présentation par l’Ambassadrice Mme Lise Nicoline Kleven Grevstad.

Les présentations ont mis en exergue l’impact des dispositifs internationaux, tels que l’agenda 2030 des Nations Unies ou la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, sur les agendas politiques nationaux.

Les conclusions du séminaire ont été présentées par Mme Maria Ciobanu, Directrice des Nations-Unies, des institutions spécialisées et des affaires francophones, Ministère des Affaires étrangères roumain.

Dernière modification : 15/03/2018

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